Annick et André au bout de leurs rêves | |
18eme Art. LE CHOC
LE PONT SACRE A NIKKO
Dimanche 12 octobre 2008 Dès 4h. Du matin nous sommes debout et bagages fermés, prêts à partir. Mais notre ami Gana a confondu les heures en anglais et celles en français. Il n'est donc pas encore levé, pensant que nous partirions à 16 h. alors que nous lui avions demandé de nous conduire à l'aéroport à 4h30 a.m. Plein de ressources, Gana nous appelle un taxi pour l'aéroport et nous nous quittons après de chaleureuses effusions. Les formalités se déroulent sans problème. Nous achetons quelques cartes de Mongolie avec nos derniers billets. Et hop, en route pour le JAPON. Le vol est assez court puisque nous faisons escale à SEOUL. Le personnel est hyper clean. Pas un cheveu ne dépasse. Les hôtesses ne sont pas très souriantes, mais efficaces. Que demande le peuple ?!!! Un repas nous est servi auquel je ne touche pas. Une barre me serre le ventre, et je vois plein d'étoiles (normal on est dans le ciel). Là le choc est assez énorme !!! Une telle différence entre deux pays relativement proches c'est incroyable. La Mongolie qui essaye de sortir de sa culture ancestrale, nomade, et la Corée qui est arrivée à la suprématie de la modernité et de l'électronique. Tout brille, reluit, resplendit de propreté, de netteté... c'est nickel....(Mais tellement froid !!!) Au passage en douane, on nous confisque la petite bouteille d'eau offerte dans l'avion. Ou nous la buvons sous leurs yeux, ou ils la mettent aux déchets! Pas question de la jeter. Nous nous dévouons, mais toujours à notre façon de français râleurs, et buvons notre petite bouteille à tour de rôle, par petites gorgées, en prenant bien notre temps. Il y a longtemps que tous les autres voyageurs ont passé la douane et notre bouteille vide rejoint la corbeille de tout ce qui a été confisqué. Nous sommes dans la zone de transfert,et n'ayant pas la monnaie du pays nous achetons de l'eau et des sandwiches avec nos petits dollars. Je n'ai pas faim ! Il me semble que les choses tournent autour de moi. J'ai la lourde comme dirait Vévette !! Nous nous installons dans la salle d'embarquement pour déguster notre dînette. Je suis un peu inquiète car au bureau des transferts, on nous a dit d'aller attendre notre embarquement devant la porte correspondant à notre vol pour Tokyo. Nous avons 2h. à passer. Il me semble, au bout d'un moment que les gens font la queue devant la porte du vol. André, perdu dans ses pensées, et ses préparatifs, ne prête pas attention à ce qui se passe. Je lui dis qu'il me paraît bizarre que 30 mn avant le vol nous n'ayons pas encore été appelés. Pas ni ploblèm !!! c'est normal !! faut pas s'en faire !!! Tout va bien !!! (Mais c'est bien sûr !!!) Je commence vraiment à angoisser quand je vois que la moitié des gens sont déjà embarqués, et que nous sommes tranquillement assis ! Puis soudain, 20 mn avant le départ, j'entends : « on demande M. et Mme Chapuis à la porte n° xxx » Je bondis. Un employé m'attrape par un bras et commence à me houspiller en japonais pour me faire dépêcher. Je ne l'entends pas de cette oreille. C'est qu'il faut que je récupère « mon moitié » toujours tranquillement assis. Pas question de leur laisser un otage à Séoul ! Finalement, un malentendu entre le guichet de renseignement pour les transferts, et notre compréhension de l'anglais. Le personnel japonais n'est pas content ! André explique pourquoi nous ne nous sommes pas présentés avant mais il n'y a plus de possibilité de nous installer ensemble. Tant pis, nous voyagerons séparément. Ce n'est pas une catastrophe ! Arrivés à bord, le personnel est charmant, prévenant et nous accueille avec sourire et un « bonjour » en français. Cela fait du bien après un mois de russe, mongol et anglais. Après un vol de 4 h. env. Nous atterrissons à l'Aéroport de Tokyo. L'avion roule, roule, roule, pendant au moins 3 km m'a-t-il semblé, avant d'arriver à la passerelle de débarquement. Une bouffée de chaleur nous saisit. Tout à fait supportable. Parcours du combattant pour récupérer nos bagages, et passer à la douane comme tout un chacun. Puis il faut aller à la station de train pour rejoindre la gare d'Omiya, où demeure notre famille d'accueil. Tout est impressionnant. Des panneaux d'information partout. Il suffit de bien regarder, et de savoir lire le japonais. Il est tard. Nous sommes levés depuis 4h.du matin et il nous reste plusieurs actions à accomplir : sortir des yens d'un DAB, (pas facile quand on ne connaît pas les écrans), valider notre JR Pass pour les 21 jours à venir, et acheter une carte de téléphone du réseau national pour informer notre famille de notre arrivée et convenir d'un rendez-vous ! Cela ne paraît pas grand'chose mais c'est énorme. Les Japonais sont extraordinaires. Nous obtenons tous nos renseignements dans un délai raisonnable, avec l'aide pratique de deux voyageurs, et pouvons enfin téléphoner à la famille, et nous installer dans ce fameux shikansen pour 2 h. de transport vers Omiya. Tout nous étonne. L'espace libre entre les sièges permettant d'être à l'aise, et même de pouvoir laisser un petit bagage devant nos jambes; la politesse du contrôleur qui salue à son entrée dans le wagon en disant un petit discours de bienvenue, et en sortant nous resalue; la propreté et la netteté de tout le wagon; les informations qui défilent à chaque bout du wagon nous indiquant la prochaine station, etc... A la gare d'Omiya c'est stupéfiant. Une foule qui défile dans tous les sens, venant de droite, de gauche, passant devant, derrière, sans jamais se bousculer. C'est un vrai spectacle. Mais on n'est pas là pour çà ! Le personnel et les contrôleurs de la gare font merveille. Nous sommes sur le bon chemin. Maintenant il faut arriver à contacter Yukiko et son mari pour qu'ils viennent nous chercher. Il est près de 23 h. Je suis épuisée, et André aussi bien qu'il ne le fasse pas voir. J'attends toute seule, plantée au milieu du hall immense pendant qu'il essaye de trouver un téléphone compatible avec notre carte, pour prévenir Yukiko. C'est angoissant. Les gens ne me voient pas. Ils vont leur chemin rapidement sans perte de temps. Je peux les observer et c'est déroutant. Les vêtements sont de toutes sortes. Il ne semble pas y avoir de mode. L'attente me semble très longue. Les voyageurs vont leur chemin sans s'interrompre, téléphone collé à l'oreille pour la plupart d'entre eux. On reconnaît les touristes à leur regard fixé sur les indicateurs électroniques au-dessus de leur tête, à leur démarche hésitante, aux gros sacs à dos sur leurs épaules. La foule défile sur un rythme continu, comme des fourmis qui suivent leur chemin sans que rien puisse les en détourner !!! Enfin, un homme jeune s'approche en me faisant de grands signes, tout souriant. Il s'agit du mari de la famille d'accueil qui distance André et Yukiko pour me rejoindre. Je suis soulagée. Embrassades, effusions chaleureuses, gros sac à dos soulevé d'une main par ce jeune homme et nous rejoignons André et Yukiko arrêtés à la sortie de la gare. Eh oui, ce n'est pas fini ! Nous devons nous rendre à pied chez eux, à 5/10 mn. Je crois que je vais hurler de désappointement. Je me voyais déjà installée dans une voiture et déposée au pied de leur demeure ! Tintin. Il faut user la semelle de nos chaussures et porter encore mon petit sac, bien que Yukiko et son mari aient généreusement pris mon gros sac et le petit d'André. Ils sont gais, heureux de nous rencontrer, et de nous accueillir. Fatigué, André s'arrête et sort son gros sac de la housse avion, dans la rue, sous les yeux ébahis de notre jeune couple. Ils n'imaginaient pas que nous avions ce système bien pratique pour les soutes des avions. André peut donc enfin marcher plus facilement avec son sac sur le dos, et nous arrivons à leur domicile. -=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
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