Annick et André au bout de leurs rêves | |
13 eme Art. MONGOLIE 1
Première semaine à Oulaan Baator – 23 septembre 2008
Le transsibérien nous dépose tôt le matin en gare d'Oulaan Baator. Le jour est levé, mais un froid sec règne et le vent est de la partie. Sur le quai quelques hommes brandissent le nom d'agences ou de clients. Nous apercevons celui qui nous concerne. Il nous guide vers un taxi et hop, en route vers une autre aventure ! La circulation commence à se faire dense, et notre étonnement aussi devant le mode de conduite des Mongols. Certes il y a des règles, mais la principale semble être celle du culot. J'accélère pour passer, mais si tu accélères plus que moi je freine pour te laisser passer. Pour les piétons, pas de pitié. On a l'impression parfois qu'ils veulent se suicider. Chez notre correspondant, on nous propose deux lits dans un dortoir de 8 lits superposés. Cela ne fait pas notre affaire. Le taxi nous emmène chez une de ses connaissances et nous obtenons une chambre avec un vrai lit de 140. Après avoir déposé nos sacs, nous partons faire un tour en ville en prospection, d'abord d'une banque, de commerces, poste centrale, et de points WiFi pour l'Internet. Premiers soucis d'argent. A la gare il n'y avait pas de bureau de change, ce qui fait que nous n'avons pas de monnaie du pays. Nous avions une petite réserve de dollars, heureusement ! 1er résultat : payer le taxi en USD (il nous a vu venir de loin avec nos gros sacs) payer la chambre en USD (elle a apprécié la maman. Nous un peu moins) 2e résultat : aller à la banque faire un retrait de tughriks. Au DAB, premier refus de la machine. Tiens, tiens, que se passe-t'il. 2e essai toujours au DAB, et là, gloups, avaleur de carte bancaire !!! Nous voila dans de beaux draps. Déjà qu'en France on n'aime pas trop se faire piquer sa carte Visa alors dans ce pays, un début de panique me saisit. André, imperturbable malgré les jeunes qui attendent leur tour pour retirer leur argent au DAB me dit de rreste devant la machine (des fois que l'argent sortirait quand même et qu'on nous rendrait la carte par un tour de magie, !!) Devant l'évidence que nous n'aurons rien je le rejoins à l'intérieur de la banque où il explique notre souci. Bien gentils ces gens. Nous, on ne comprend rien, mais avec de la patience, et une obstination que je ne connais qu'à mon petit mari, il arrive à faire ouvrir le coffre intérieur du DAB par un garde en arme. Nous récupérons notre carte contre tous justificatifs prouvant qu'elle nous appartient bien, Visa, Passeport, etc... mais pour nous donner l'argent.....(peau d'balle et balais de crin). Excusez cette expression triviale, mais la tension monte à El Oulaan Baator ! Nous comprenons que cette banque n'est pas internationale et qu'il faut aller voir ailleurs, avec force conseils. Deux nouvelles banques plus tard, où on nous refuse au guichet cette fois de nous faire le change car la bande magnétique de la Visa est reconnue comme invalide, nous nous posons enfin les vraies questions. Que se passe-t'il ?? Cherchez où est l'erreur ! Et là, miracle ! Nous comprenons tout. Déjà que ce n'est pas facile de se servir du distributeur, même en anglais, André a poussé la difficulté jusqu'à donner deux fois un faux numéro de code secret pour sa carte (celui de la mienne) et bien sûr çà ne pouvait pas marcher. Mais nous n'avons toujours pas de Tughriks pour payer nos menues dépenses, et les grosses aussi forcément ! La journée avançe. Nous avons faim. La fatigue commence à se faire sentir car la nuit dans le train a été courte. Finalement, dans une banque internationale nous trouvons un interlocuteur parlant anglais, à qui nous pouvons expliquer notre erreur, et qui nous conseille de téléphoner à notre banque en France pour débloquer la carte. De ce fait nous pouvons enfin sortir de l'argent Mongol le lendemain. OUF! Notre première journée s'est donc passée en tractations de toutes sortes. Nous rentrons à la guesthouse pour nous réchauffer un peu. Bizarre. Nous avons beau sonner, re-sonner, et encore, et encore, nous sommes à la rue. Personne pour nous ouvrir. Il fait froid. Je sens que je m'enrhume. Nous nous mettons dans un coin de porte pour éviter un peu le vent. Au bout d'une heure environ, la patronne arrive toute guillerette. Elle ne comprend pas que nous soyons au dehors puisque sa fille est dans l'appartement et aurait dû nous ouvrir la porte. Aucun mot d'excuse ! Je suis dans une colère noire. Pas question de faire un sourire ou une amabilité. Trop c'est trop pour une première journée. L'ambiance est glaciale, et André sous son calme apparent est en colère. Nous décidons de changer de « cantine » et dès le matin nous cherchons une autre guesthouse. Cette fois la chance nous sourit. L'abord est un peu rébarbatif pour y accéder, mais l'ensemble de l'établissement est propre, grand, et les gens sont aimables. Plusieurs jeunes européens y sont logés et nous faisons connaissance. Ils nous donnent des tuyaux pour ce que nous recherchons, entr'autre des adresses pour l'informatique, des endroits où l'on parle français, etc... Ce qui me manque le plus, c'est de ne voir aucun mot en français, et pas du tout de journaux, de livres. Quelquefois le mongol est doublé d'anglais, c'est déjà moins l'inconnu. Le froid est vif, et malgré un beau soleil, je n'ai pas chaud. Passage à la grande poste. En effet, les 4 cartes d'anniversaire que nous avions écrites en Russie, n'ont pas pu être postées là-bas. Nous les retimbrons, et elles peuvent enfin partir, le 24 septembre d'Oulaan Baatar. Pour manger il faut faire des courses au supermarket. Là, nous rencontrons une femme charmante canadienne, parlant un français parfait, et qui nous donne des conseils sur la ville, sur les aliments à choisir ou pas, sur la vie à Oulaan Baatar où elle et son mari résident depuis trois ans. Nous passons un très bon moment avec elle, entre les rayons de lait, de fruits, de confitures, etc... Car tout est inscrit en mongol, l'article, le poids, la valeur,..et son aide nous est précieuse.
Il est temps de trouver une pharmacie pour essayer d'enrayer cette sinusite qui m'attaque avec traîtrise. Eh bien, ce n'est pas de la tarte. Essayez de faire comprendre à une pharmacienne mongole que vous voulez du paracetamol 1g et un spray nasal, en anglais, et un « quelquechose » contre une toux sèche. Il a réussit mon petit mari. Il a même fait un croquis pour imager des comprimés ... Nous arrivons enfin à notre nouveau logement, et surprise, on nous propose une nouvelle chambre avec des lits jumeaux, très bien chauffée. Petite dînette dans la chambre. Il fait bon. C'est super. Très bonne nuit (pour moi) car les sommiers en bois ne me gènent pas trop. Mais André dort mal et son dos le fait souffrir. Le breakfast est copieux ce qui nous fait du bien. Nous repartons, sac au dos, parcourir la ville. Première épreuve : traverser le boulevard, même au passage piéton, sans se faire écraser. Il faut y aller en force, sans hésiter, et j'avoue que je serre les fesses, au propre et au figuré. André m'agrippe par un bras et nous nous faufilons dans un sens, puis dans l'autre sens. Les voitures ne ralentissent même pas. C'est au plus culotté qui passe. Nous voyons de jeunes enfants de 8, 10 ans traverser comme cela. Donc, pas question de reculer. On y va ! Et pendant que nous faisons ces traversées fantastiques, nous pensons à nos copines, à Vévette, à Lily, à Minouche, à Mamycocotte, etc...et nous rions de les imaginer nous voir faire ces acrobaties. Quelles drôles d'impressions de circuler dans cette ville où rien ne nous parle ! Les magasins ne sont pas facilement repérables. Peu de choses nous font comprendre qu'il s'agit de boutiques ! Il faut pousser des portes et en montant ou descendant quelques marches, on se trouve dans un lieu avec de la marchandise à acheter. Les gens sont agréables, bien vêtus, propres. Les jeunes, comme tous les jeunes de tous les pays, sont modernes, coquets, rient, s'amusent en sortant du collège, en groupes très gais, insouciants. Les rues sont nettoyées au balai de crin par des gens âgés, et des femmes plus jeunes. Peu de papiers ou de mégots résistent à leur coup de balai énergique. Par contre, il règne une poussière grisâtre, agitée par un vent presque constant, qui a raison du moindre vêtement en un rien de temps. Les hommes crachent par terre. En général ils sont bien vêtus. Les femmes sont jolies, élégantes pour la plupart. Presque toutes portent des souliers ou bottes à talons, et de jolies coiffures. Les personnes plus âgées sont habillées du vêtement traditionnel, très coloré, (rouge vif, bleu roy, vert bronze, jaune). Vraiment très agréable à regarder. Mais pour la photo, Tintin !!! C'est niet. De nombreux bâtiments sont en construction. Les méthodes sont surprenantes, et nous imaginons comment nos chers syndicats français pourraient se régaler devant tous les risques dangereux pris par les ouvriers du bâtiment. Ils travaillent sans aucune sécurité, à 15/20 m. du sol et plus. Les échaffaudages sont presque inexistants. Et en ce qui concerne les heures, pas de problème. C'est jour et nuit. Quels scandales si nous devions avoir ces cadences d'une autre époque, en France! Mais les gens semblent heureux. Ce qui est vraiment difficile à imaginer pour des européens, c'est l'état des routes et des trottoirs. De vastes tranchées coupent les trottoirs, sans aucune protection, ou bien se sont des bouches d'égoûts qui dépassent la surface du trottoir d'au moins 10 cm par endroits. Ou encore, des plaques d'égoûts totalement absentes, laissant des trous béants dans les caniveaux. Rien n'est signalé. Les gens s'en accomodent et font les détours nécessaires pour passer. Peu de bousculades, mais beaucoup de monde. Chacun va droit son chemin, et personne ne s'écarte pour laisser passer ceux qui arrivent en face. Au dernier moment, comme pour la traversée des routes par les piétons, c'est le plus culotté qui garde sa direction. Nous trouvons que l'art de l'esquive, d'un mouvement d'épaule en s'effaçant, est à son sommet dans cette ville. C'est curieux à observer. Lorsqu'on entre dans un magasin, personne ne tiens la porte, et paf, dans le pif... Ce n'est pas la coutume. Chacun pour soi. Nous ne rencontrons aucune agressivité, ni envers nous les étrangers, ni entre la population. Nous trouvons ces gens très gentils et agréables. Par contre, pas moyen de lier une conversation quelconque. En rentrant d'un restaurant local, un soir à la nuit tombée, nous marchons tranquillement pour nous rendre à notre logement. André est deux pas devant moi. Je descends du trottoir pour traverser la rue et suis surprise par la hauteur de ce trottoir. Je me retourne pour voir. Horreur ! À 5 cm près, je mettais mon pied, et la moitié de mon corps dans un trou béant, créé par une plaque d'égoût absente. Nous en avons fait des cauchemards toute la nuit. Les dommages auraient pu être catastrophiques et terminer notre voyage.La chance était avec moi ! A présent je regarde plus où je mets les pieds que les magasins ou les étoiles. Les jours suivants, André se lance seul dans la ville, tandis que je suis couchée avec 39°C de fièvre.3 jours au lit, 1 jour à la chambre, et çà repart « comme en 14 ». Il est super mon petit mari. Il dégotte des lieux où l 'on parle français et où il peut enfin se connecter à Internet, et transmettre un peu de nos nouvelles. Notamment un bistrot tenu par un français, où on peut manger, et faire de l'informatique à volonté. Il est très sympa, mais pas trop causant. Juste ce qu'il faut pour son commerce. C'est vrai qu'il voit passer tellement de voyageurs, qui viennent un jour ou deux puis d'autres, et c'est un va et vient continuel. Encore une fois nous avons eu de la chance ! Nous étions prévenus, mais tellement confiants que notre surveillance se relâche. A trois jours d'intervalle, je me suis retrouvée avec la fermeture éclair de mon sac à dos, ouverte. Je n'ai absolument rien senti à chaque fois. C'est un sentiment désagréable. Aujourd'hui encore cela s'est produit, bien qu'André soit à mes côtés. Mais cette fois, notre voleur nous a suivis jusque chez notre petit bistrot, et le patron l'a pris sur le fait, et l'a mis dehors avec perte et fracas. Il n'y avait rien à voler dans mon sac, mais je ne me sens plus en sécurité. On a l'air malin de porter notre sac sur le ventre, comme nous le conseillent toutes nos connaissances ! Mais mieux vaut avoir l'air bête, que d'être détroussés.
J'ai chargé des photos dans l'album 06 - Une Yourte La suite de notre séjour probablement demain. A Bientôt. -:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-
Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 7 sur 19 } { Page suivante } |
Qui suis-je ?Qui suis-je ? Mon itinéraire Livre d'or Album photos Archives Amis Album photos La carte des lieux visitésLiensUniterreLa Tribu d' Anaximandre Isabelle et Fabien La Boussole Aventure du Bout du Monde Guesthouse Gana Mongolie Bolod's Tours Le Japon Zen Rubriques01 Le DEPART02 RUSSIE 03 TRANSSIBERIEN 04 MONGOLIE 05 JAPON 06 VIETNAM 07 CAMBODGE Derniers articles19eme Art. FIN du PREMIER EPISODE18eme Art. LE CHOC 17eme Art. UNE EQUIPE FORMIDABLE 16eme Art.- JAPON 1 15eme Art. MONGOLIE 2 AmisNewsletterSaisissez votre adresse email |